"la chasse aux enfants" et la presse

paru en mai 2004

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 Le Parisien  / Aujourd'hui - 16 juin 2004

 

Le plus terrifiant à la lecture de "la Chasse aux enfants" de l'écrivain et réalisateur Jean-Hugues Lime, c'est qu'il s'agit d'une histoire vraie. Celle de centaines d'adolescents, orphelins, ou bien rejetés par leur famille, condamnés à vivre jusqu'à leur majorité dans la maison de redressement de Belle-Ile-en-Mer. En, août 1934, ils ont organisé une véritable insurrection, mis leur prison à sac et se sont enfuis. Pendant que les pêcheurs se précipitaient sur les bateaux pour éviter que les jeunes ne s'évadent à leur bord, les vacanciers, enrôlés par le directeur du pénitencier, organisaient une battue...

Le poète Jacques Prévert était présent sur l'île ce jour-là. "il a écrit une chanson et un scénario sur cette affaire pour Marcel Carné, mais le film n'a pas pu se faire" regrette Jean-Hugues Lime. Lui, quatre ans durant, a mené l'enquête. Quitté son domicile de Villejuif pour Belle-Île, épluché les journaux de l'époque, fouillé dans les archives du centre sur la jeunesse délinquante de Vaucresson, mis la main sur des lettres de plaintes. Jean-Hugues Lime a même retrouvé des témoins. "Raymond, le personnage principal, je l'ai inventé... Mais c'est quasiment un ancien pensionnaire que j'ai rencontré."

Dans le livre, Raymond arrive à Belle-Île de paris, sur l'ordre du tribunal. Son crime ? Il a volé un bouquin. Stevenson, Jules Verne: ce gamin des rues en raffole. Il découvre sans y croire un véritable bagne tenu par des gardiens plus pervers et cruels, les uns que les autres. Enfermement, conditions d'hygiène épouvantables, nourriture exécrable et de toute façon insuffisante - de manière à ce que les enfants s'affaiblissent - viols, rien ne leur était épargné. Quand les "colons", ainsi qu'on les appelait sur l'île, mettent le feu à l'établissement, c'est un vrai soulagement....

 

Aujourd'hui les bâtiments existent toujours. Ils accueillent à la belle saison, une joyeuse colonie de vacances.

             Caroline Andrieu
 

 

 

Ouest France - 16 juin 2004

 

Interview

Jean-Hugues Lime sort un roman sur l'évasion des enfants de Belle-Ile en 1934. L'écrivain raconte l'histoire des enfants évadés et jamais retrouvés. En s'informant sur la délinquance juvénile, l'auteur a réalisé les effets néfastes de l'enfermement sur les plus jeunes

 

 

 

 

Le Canard Enchaîné - 26 mai 2004

 

Belle-Ile-en-Mer, ses plages, son calme et sa curiosité oubliée : le bagne pour enfants. Fermé seulement en 1977... Beaucoup d'archives ont brûlé, d'autres sont encore "classifiées". Qu'importe! Jean-Hugues Lime souffle avec talent sur les braises pour rallumer les flammes de la mutinerie du 27 août 1934. Ils ont osé, ces enfants de malheur, voleurs de poules, orphelins vagabonds en sabots. A leurs trousses, tous les honnêtes gens de l'île, touristes et indigènes confondus, avec fourches et fusils, chopèrent sans peine ces jeunes affamés. A l'époque, jacques Prévert en fit une chanson triste ("bandit, voyou, chenapan, ... c'est la chasse à l'enfant").

Le récit est palpitant, avec la touche de mélo et d'aventure qu'il faut. On est avec les gosses, dans les cages grillagées qui leur servent de dortoir, au "frigidaire" (le mitard), avec eux, on entend arriver "dans un cliquetis de char d'assaut" le directeur surnommé Bancal, rescapé des tranchées, tout en prothèses et plaques d'acier.

Aujourd'hui des campagnes électorales se font sur le thèmes des "centres fermés" pour jeunes délinquants. Merci on a déjà donné !

          Frédéric Pagès

 

 

 

Bretagne Ile de France - juillet-août 2004

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C'est de ce drame, auquel on doit aussi un beau poème de Jacques Prévert, que s'est inspiré Jean-Hugues Lime pour écrire son roman "La chasse aux enfants".

Le récit débute quatre ans aupravant, avce l'arrivée à la maison de redressement de Belle-Ile-en-Mer d'un orphelin de 13 ans, Raymond Mézéguié. Celui-ci, balloté de famille d'accueil en famille d'accueil, a été condamné pour avoir chapardé une livre "le batuea ivre" à l'étalage d'une librairie.

Comme aujourd'hui, les juges, souvent accomaodants avec les grands délinquants huppés, étaient sans pitié por les malheureux gosses : la plupart du temps victimes d'une société injuste, obligés de se débrouiller par eux-mêmes et qui semblaient de dangereux réfractaires....

 

Jean-Hugues Lime raconte le calvaire de ces enfants en suivant le cheminement de Raymond.

Celui-ci va tenter de devenir un homme dans un milieu où, au contraire, tout est fait pour le dégrader. Les gardiens sont des brutes, souvent anciens militaires, le plus souvent avinés. Ils assouvissent leur rancoeur de ratée et leur violence sur de misérables gosses qu'ils rouent de coups ou condament à des punitions cruelles...

L'auteru brosse avec beaucoup de sensibilité et d'indignation le portrait de ces enfants et de leurs bourreaux. Il nous tient en haleine pendant le récit de ces quatre ans où chaque instant est un piège pour les plus faibles. Raymond, pour survivre va devenir un dur tout en refusanr de se faire bourreau. D'exaction en exaction, la révolte finale apparaît comme inéluctable.

Voici un livre important à un moment où l'idée nouvelle (!) proposée par nos gouvernants contre la délinquance des enfants et est l'enfermement....

Dans son épilogue, l'auteur rapelle que ce n'est qu'en 1945, qu'un ordonnace du Général De Gaulle, confiait la surveillance des enfants non plus au personnel pénitentiaire, mais à des éducateurs spécialisés, cependant la discipline y fut aussi dure. Comme la maison de Belle-Ile ne fut fermée qu'en 1977, beaucoup d'entre nous ont été les contemporains de ces violences impardonnables...

 

         Gabriel Delahaye